4 janvier 1959: Les martyrs de l’indépendance

En ce jour où le pays traverse une période critique mais cruciale pour son avenir démocratique,  souvenons-nous de ceux qui comme Antoine Kingotolo, Raphael Batshikama, Filibert Luyeye, ou encore Raymond Bikebi pour ne citer que ces quelques personnes qui, avec un courage héroïque, avaient bravé le pouvoir colonial en mobilisant les militants de l’ABAKO(Alliance des Bakongo) suivis de toute la population à Léopoldville(Kinshasa) et dans le Bas-Congo, pour porter haut la revendication de l’Indépendance du Congo!

Un dimanche, le 4 janvier 1959, l’annulation par l’autorité coloniale d’un meeting de l’ABAKO programmé dans les installations de l’YMCA à Léopoldville, aujourd’hui place du 4 janvier, provoque la colère et la frustration de ses partisans. Ceux-ci sont vite rejoints par une foule nombreuse des supporters furieux de l’équipe de football V.Club sortant du grand stade Roi Baudouin proche, où leur équipe venait de perdre son match contre l’équipe Mikado.

Dans l’enceinte de l’YMCA, Joseph Kasa-Vubu, Baudouin Nzeza-Landu entourés des autres leaders de l’Abako

Pendant 4 jours, du 4 au 7 janvier, Léopoldville, la ville de 400.000 habitants à l’époque, est le théatre d’actes de violence contre les Européens; leurs magasins et résidences sont saccagés et pillés, les symboles de l’Etat colonial sont détruits. Une manière pour les Congolais de manifester le rejet du système colonial.

La réaction du pouvoir colonial est brutale. La force publique qui intervient, réprime dans le sang ces manifestations de colère aux allures d’une véritable insurrection populaire. Les sources officielles font état de 49 personnes tuées, pendant que d’autres sources affirment que l’action repressive menée par la force publique aurait fait des centaines de victimes. Kasa-Vubu, président de l’ABAKO, est arrêté le 12 janvier 1959. Il sera libéré le 14 mars.

Scène d’émeutes dans les rues de Léopoldville (Photo AFP)

Prenant la mesure de la situation, le roi Baudouin 1er prononce le 13 janvier 1959, un discours resté célèbre à ce jour, dans lequel il annonce l’engagement de la Belgique à « conduire sans atermoiements funestes mais sans précipitation inconsidérée les populations congolaises vers l’indépendance, et l’organisation à la fin de l’année d’une conférence devant discuter des modalités d’accession du Congo à l’indépendance ». Pour la première fois, les Belges, par la bouche de leur roi, venaient de reconnaître le droit des Congolais à l’indépendance.

Prenant au mot le roi des Belges, les Congolais répandent comme un « leitmotiv » le mot magique « indépendance » traduit dans les langues locales en « dipanda » en lingala, « kimpwanza » en kikongo, « uhuru » en kiswahili, et « budukadidi » en tshiluba, le criant à la face des Belges par défi et pour exprimer l’inéluctabilité de l’indépendance…

« Congo-Zaïre: Le destin tragique d’une nation », Ngimbi Kalumvueziko, l’Harmattan 2009

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