Législatives: experts internationaux, le grand bluff!

Les 2 organismes fournissant les experts: National Democratic Institute & IFES

(Mise à jour 01 février 2012): La mission des dits experts n’a finalement pas atteint ses objectifs. Voici leur conclusion: Rapport NDI-IFES sur l’évaluation des élections

(Article original) Quand le 21 décembre 2011, la Commission Electorale Nationale Indépendante(CENI) annonce qu’elle suspend la compilation des résultats des législatives en attendant la venue d’experts internationaux en vue de garantir la transparence et la crédibilité des élections,tout le monde applaudit et qualifie cette décision de bon sens vu le contexte de suspicion général. La majorité présidentielle comme l’opposition sont pour une fois d’accord et saluent cette sage initiative. Trop optimiste peut-être, du côté de l’opposition on se met même à penser que l’on pourrait faire deux ou trois marches en arrière et vérifier par la même occasion la conformité des résultats présidentiels si longuement contestés. Si le scrutin législatif a eu lieu le même jour que celui de la présidentielle, alors les experts doivent être là pour les deux. Les partis politiques de l’opposition avec l’UDPS en tête nous décrivent alors la venue de ces experts comme preuve ultime que le scrutin est tellement entachés de fraude qu’il faille faire appel à des « statisticiens de l’élection » pour trier le bon grain de l’ivraie. La majorité présidentielle toujours aussi sûr d’elle voit plutôt en cet arbitre inattendu un certificateur « moral » des résultats dont elle ne doute pas qu’ils seront en sa faveur.

Témoins, observateurs, experts, …

Déjà à ce stade, les plus malins auront vite fait de jeter un coup d’oeil dans les arcanes de  Loi Electorale et constater que légalement ces experts n’ont pas plus de droits qu’en avaient les témoins et les observateurs étrangers lors du scrutin, c’est-à-dire réduits au devoir strict de ne pas se mêler à la compilation ni à la proclamation des résultats. On commence alors à se demander qu’elle sera la mission des experts. Et la réponse va venir très vite.

Acte 1. Le 28 décembre 2011, la CENI annonce par un communiqué de presse qu’elle reprend la publication des résultats et donc des compilations des Centres Locaux de Compilation des Résultats(CLCR) en précisant qu’elle en a déjà compilé 139 et que seuls 26 enregistrent des cas discutables mais réglables selon le code électoral en vigueur. Cette décision surprenante pousse Ngoy Mulunda le président de la CENI à devoir s’expliquer sur ce que tout le monde prend pour un revirement de situation. En gros, il dira que les agents de la CENI font du bon travail et que si ça continue comme cela, ils auront fini leur travail comme prévu pour le 13 janvier. La venue des experts est-elle encore nécessaire?

Acte 2. Au cours d’une conférence de presse tenue le 31 décembre 2011, Tshisekedi wa Mulumba se demande la raison de la venue des experts internationaux et déclare: «Quand j’entends dire qu’il y a une équipe d’experts internationaux qui va venir ici je me demande ce qu’ils viennent faire. Ils viennent en touristes» Evidemment tout le monde le prend pour un fou. Après tout, il n’en est pas à une déclaration près. Après l’autoproclamation, l’autoprestation, les voeux 2012 etc…, voilà maintenant qu’il essaie de saboter d’avance le travail des experts. Tel un mauvais joueur de poker menteur, personne autour de la table ne le suit. Il a sûrement les mauvaises cartes et essaie une fois de plus de faire diversion pour sauver sa mise. De son côté la majorité présidentielle probablement mieux informée sur la question ne dit plus rien mais on remarque que quelque voix non officielles prévenant à demi-mots que ces experts n’ont aucun intérêt à contester les résultats de la CENI vu qu’ils n’ont pas reçu ce mandat. Là aussi personne n’y prête attention, on pense que celui qu’on accuse de tricherie prêche pour son église.

Acte 3. Prétextant l’organisation de leur mission(objet, durée), les experts se font attendre et l’impatience guette surtout que la date fatidique du 13 janvier à laquelle la CENI promet de présenter les résultats provisoires complets arrive à grand pas. Il faudra attendre le 4 janvier 2012 pour que le premier groupe soit annoncé à Kinshasa. Et là plus aucun doute sur la teneur de leur mission. Dans un communiqué signé conjointement par le National Democratic Institute(NDI) et le International Foundation of Electoral Systems(IFES), ils déclarent aussi clairement que possible: « Cette mission n’a pas pour but d’assister les autorités électorales dans la compilation en cours des résultats des élections législatives ».

Tout ça pour ça?

Finalement, tout cela n’aura été que du bruit pour rien. Les résultats des législatives suivront le même schéma que ceux des présidentielles avec sa cohorte de plaintes et d’indignations mais ne seront en aucun cas annulé ou recompté comme l’espéraient certains candidats malheureux. La seule chose à espérer des experts est que de nouvelles grilles de calculs plus fiables soient mises en place pour ne pas que les erreurs des récents scrutins ne se reproduisent aux provinciales, sénatoriales, communales, etc. Après trois semaines de travail pendant lesquelles ils étudieront des documents électoraux essentiels et rencontreront les personnalités clés du processus électoral, ils établiront sans aucun doute un rapport beaucoup moins polémique et ambigu que ceux des observateurs précédents, question de ne pas lever une nouvelle crise après celle résultant des présidentielles. En gros la seule question posée sera: »Peut-on mieux faire? ».

Même si Ngoy Mulunda, le président de la CENI a déclaré que les experts n’étaient pas là pour valider ou certifier les résultats, leur présence permettra de donner une crédibilité au travail de la Commission électorale nationale indépendante qui a suscité plusieurs réactions tant sur le plan national qu’international.

Mwana Yakala

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Un commentaire pour Législatives: experts internationaux, le grand bluff!

  1. Bazino Mambumina dit :

    Pire distraction avec la CENI et les soit disant experts internationaux! Notre President de la republique elu par le peuple en occurence le Dr Etienne Tshisekedi wa Mulumba avait raison de s’etonner de l’arriver de ces touristes au pays. Pendant qu’on attend leur arrivée, le farceur escrot Ngoy Mulunda continue à publier les resultats qui ne seront ni revisés, ni contestés par les experts selon la mission qu’ils ont à accompir au pays. Merçi son excellence Dr Etienne Tshisekedi de nous ouvrir un peu les cerveaux…

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