Sommets de Kampala(I et II): Des avancées…vers un prochain sommet

Les Présidents Kiir(Sud-Soudan), Kabila(Congo), Museveni(Ouganda) et Kikwete(Tanzanie) à Kampala le 8/9/2012 ©PressTv

Des précédents sommets d’Addis-Abeba(15/07) et Kampala I(8/08), on avait retenu l’idée d’une «force internationale neutre» puis, la mise en place d’un sous-comité ministériel pour étudier la faisabilité d’une force qui passait d’internationale à régionale. Huit jours après Kampala I, les ministres de la défense du sous-comité(Angola, Burundi, Congo, RDC, Rwanda, Ouganda et Tanzanie) s’entendaient à Goma pour un contingent d’environ 4000 soldats. D’où viendraient-ils, comment les financer et quand les déployer restaient à l’aube du deuxième sommet de Kampala les questions cruciales auxquelles on attendait des réponses.

Kampala II a commencé par un fait étonnant, l’absence d’au moins 2/3 des chefs d’Etats invités. Sur les 11 pays que compte la CIRGL(Conférence Internationale pour la Région des Grands Lacs) seuls trois présidents ont marqué leur présence auprès de l’ougandais Museveni: Kabila pour la RDC, Kikwete de Tanzanie et Salva Kiir de la jeune république du Sud-Soudan. Cette présence a minima n’a cependant pas empêché les travaux de se tenir mais laisse entrevoir le ternissement du caractère «extraordinaire» de ces sessions. Compte tenu des circonstances, l’absence la plus remarquée fut celle du rwandais Kagame qui pour l’occasion a préféré honorer un autre rendez-vous à Hong-Kong. Ce sont donc en grande partie les ministres de la défense et ceux des affaires étrangères des différents pays qui ont été à la manœuvre durant ces deux jours à l’issu desquels une déclaration finale peu convaincante a été rendue publique.

La «force neutre»

Comme après Kampala I, c’est aux ministres de la défense(étendu cette fois à tout les membres de la CIRGL) qu’il a été demandé d’étudier les voies pour rendre la force «opérationnalisable» d’ici trois mois. A ce stade seule la Tanzanie a manifesté son désir de mettre ses soldats à la disposition de la dite force qui devra être sous le mandat conjoint de l’Union Africaine et de l’Organisation des Nations Unies. Quant à son financement, on reste dans le flou total. Rien de concret n’est sorti du sommet si ce n’est la demande faite à la CIRGL de s’enquérir auprès de ses membres pour trouver les moyens financiers, logistiques et techniques devant assurer le fonctionnement de la force à déployer.

Il faut ici faire attention à bien comprendre que rendre une force «opérationnalisable» diffère de la rendre «opérationnelle». «Opérationnalisable » renvoie à l’idée que l’on passe d’une situation conceptuelle à sa concrétisation tandis que «opérationnelle» sous-entend que la force existe déjà et en temps voulu sera prête à intervenir. Ce qui laisse deviner que cette force n’est pas la priorité, cette dernière étant réservée à un règlement diplomatique ou politique.

Le M23

Bien que toutes ces réunions tournent autour du conflit qui oppose le RDC au mouvement du 23 mars, ce deuxième volet du sommet de Kampala n’aura pas pas bousculé les lignes rebelles. Tout au plus, la CIRGL a été mandaté via son président en exercice Yoweri Museveni de garder le contact avec les parties en conflit et de continuer les discussions pouvant permettre d’aboutir à une cessation effective des hostilités sur le terrain. Le M23 étant déjà «bien installé» notamment dans le Rutshuru, tout porte à croire que ce ne sont pas les timides décisions des sommets successifs qui vont les y déloger.

Joint Verification Mechanism(JVM) et Joint Intelligence Fusion Center(JIFC)

C’est la mesure la plus immédiate qu’il est demandé aux ministres de la défense et cela dans les plus bref délais, de mettre en oeuvre. Le mécanisme conjoint de vérification étendu à tout les pays membres de la CIRGL(il en existait déjà un entre la RDC et le Rwanda) devra être opérationnel au lendemain de la réunion prévue le 14 septembre 2012 à Goma et sera renforcé par un centre conjoint de renseignement(JIFC). Une sorte de pot commun où tout les «espions» vont venir rendre compte de ce qu’ils ont vu ou entendu sur le terrain.

Et les victimes dans tout ça?

Elles apparaissent malheureusement comme «le maillon faible» du processus. Estimés au moins à 250,000(morts, blessés et déplacés) depuis le début du conflit avec le M23 en avril 2012, leur sort ne semble se résumer qu’à une forme de compassion. Un fond pour leur venir en aide avait été proposé lors du précédent sommet de Kampala et l’Ouganda y avait déposé les premiers deniers soit 1millions USD. La RDC, la Tanzanie et le Kenya lui ont emboîté le pas avec respectivement 1million et 1/2 million USD créditant ainsi ce fond humanitaire «virtuel» de 3millions USD. Il n’y a pour l’instant aucun organisme chargé de gérer cet argent et d’en faire profiter les concernés.

Kampala III

Compte tenu de la situation dans le Nord-Kivu et du manque de concrétisation des décisions antérieures, le résultat de ce troisième sommet de la CIRGL sur la crise du Congo n’étonne personne. Dans ce sens on ne peut même pas parler d’échec vu que les aspirations au départ étaient presque nulles. Dans l’absolu, on pourrait sous-entendre qu’il y a eu «des avancées» mais elles ne sont ni significatives ni pertinentes tant elles ne règlent rien sur le terrain. Les positions des belligérants restant figées, le seul bénéficiaire de ce statu quo est l’agresseur qui a encore quelques mois pour finir son installation.

Le prochain sommet se tiendra le 8 octobre 2012 à Kampala et devra constater les progrès enregistrés depuis le 8 septembre.

©WakatiYetu

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