Le laborieux début des Concertations Nationales

Participants aux Concertations Nationales ©John Bompengo/RO

Participants aux Concertations Nationales ©John Bompengo/RO

Cinq jours après le lancement des Concertations Nationales (7/09), on n’est loin d’avoir aborder le premier sujet de fond sur les cinq thèmes retenus. La faute à une organisation qui comme pour les élections de 2011 pèche par son manque de coordination.

L’organisation en question

Planifiées sans doute à la hâte malgré l’ordonnance publiée le 26 juin, le secrétariat technique se retrouve empêtré dans des problèmes de logistique élémentaire qui à ce niveau ne devraient plus exister.

Les listes des participants n’ont pas été vérifiées à temps, entraînant un imbroglio entre ceux qui estiment faire partie de tel ou tel délégation, association et qui in fine ne retrouvent leur nom nulle part, quand d’autres se retrouvent inscrits deux ou trois fois au bénéfice des multiples casquettes qu’ils portent dans la vie sociale; président de ceci, secrétaire général de cela, expert en tel matière ou représentant envoyé par la corporation untel. A ceci, il faut ajouter ceux qui n’ont été mandaté par aucune organisation politique ou sociale mais qui estiment leur présence incontournable et légitime à ces assises, là où d’autres comme le député Kanku, membre de l’opposition (Mouvement pour le Renouveau) a trouvé qu’il n’y avait plus sa place et a décidé de quitter les assises ce mardi 10/9 malgré sa participation au comité préparatoire.

Ce désordre bien organisé en a entraîné d’autres: le retard dans l’identification des participants (badges, macarons), la remise des documents de travail et le plus important, le début des discussions proprement dites.

Le temps

A ce stade, le tiers du temps imparti (15 jours) peut être considéré comme parti en fumée. Il ne reste donc, sauf prolongation, 10 jours aux centaines de délégués pour entamer les débats de fond et les conclure. Une autre paire de manches au vu des thèmes qui sont en grande partie techniques et qui risquent de mettre de côté une partie des participants n’ayant visiblement pas si ce n’est l’expertise, les compétences ou les informations adéquates. Chaque groupe étant venu avec ses propres problèmes et revendications, espérant les régler sur place, certains débats s’étireront inévitablement en longueur avant d’arriver à une conclusion par consensus.

Les thèmes

Convoquées dans l’espoir de créer une cohésion nationale nécessaire pour mettre fin aux problèmes de l’Est du pays, les thèmes des discussions sont par contre très variés et plusieurs d’entre eux sortent du cadre des problèmes engendrés par la crise orientale. S’il est important d’en parler, le cadre est lui mal choisi et le temps beaucoup trop court pour qu’il en sorte quelque de chose de significatif. Il faut noter ici, qu’au même moment se tient à Kampala et dans les mêmes délais impartis, des discussions plus techniques entre le gouvernement et le mouvement rebelle M23 qui manifestement ont beaucoup plus d’importance pour l’avenir immédiat des régions du Nord et Sud Kivu et de la Province Orientale.

D’autre part, autant les participants aux assises que la population ne s’attendent à une révolution à l’issue de ces rencontres, si ce n’est une réorganisation à minima du tissu politique. L’évocation d’un gouvernement d’union nationale prend ici tout son sens et pourrait être la seule action concrète issue de ce forum, car la seule vraiment réalisable et visible à court terme. Mais il faut se garder de penser que par union nationale, on assistera à une entrée en fanfare de l’opposition parlementaire au gouvernement. Tout au plus, des membres de la société civile et quelques politiques volages ou indécis y seront conviés pour compléter ou colorer le gouvernement actuel, comme c’est déjà le cas actuellement avec les ministres de l’industrie et de l’économie qui se réclament encore aujourd’hui, contre vents et marées,  membres de l’opposition.

Le règlement d’ordre intérieur a été adopté, les lieux des discussions choisis (2 salles du Palais du Peuple, les hôtels Invest, Royal et African Palace), les états généraux créés et la liste de leurs membres établie; les travaux proprement dits peuvent donc commencer.

©WakatiYetu

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