HRW: Entre Suppositions et fantaisies (Kinshasa 15.09)

Kinshasa le 15.09.2014, place Saint-Thérèse à N'Djili ©uncrdc

Kinshasa le 15.09.2014, place Saint-Thérèse à N’Djili ©uncrdc

Dans sa dernière publication en rapport avec les événements dramatiques survenus le 15 septembre 2015 à Kinshasa (N’Djili, Saint-Thérèse) lors du meeting organisé par des partis de l’Opposition, HRW (Human Right Watch) accuse pêle-mêle hautes autorités, responsables des forces de sécurité et du PPRD (Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie) d’être directement impliqués dans l’attaque des manifestants réunis pour protester contre un éventuel report des élections.

Les fait sont connus et globalement acceptés par les parties ayant assisté ou directement vécu le drame. Là où l’on est en droit de se poser des questions, c’est sur l’interprétation quasi fabuleuse du déroulement dont HRW nous fait le récit.

Rapport ou Article de presse? 

Sans surprises les premiers accusés seraient « des hauts responsables des forces de l’ordre et du parti au pouvoir » qui semble-t-il auraient engagés des voyous pour semer les troubles constatés. Hypothèse certes largement répandue au sein des masses populaires mais qui ne reposent actuellement sur aucune preuve si ce n’est l’observation ou le témoignage qu’aurait livré l’un ou l’autre assaillant. A ce niveau, il est déjà étonnant qu’une organisation de ce type s’engage sur une telle voie.

La suite est encore plus surprenante. Pour détailler ces assaillants, HRW cite la ligue des jeunes du PPRD, des fans du club de football AS VClub, des agents de l’ANR (Agence Nationale de Renseignements), police et armée en civil. Bref tous ceux qui dans l’imaginaire collectif sont censés être réfractaires aux activités de l’Opposition. Encore un peu et on retrouvait les ministres et peut-être Joseph Kabila lui-même dans cette liste.

Ces personnes, en tous cas au moins une centaine d’entre-elles se seraient retrouvées la veille dans un camp militaire (lequel?) quelque part à Kinshasa pour y recevoir instructions et rémunérations (de qui?). On n’y aurait reconnu le Général Kanyama (Commissaire provincial de la police/Kinshasa) en personne etc…. Qui sont donc ces autres officiels qui auraient participé même indirectement à la conception de l’attaque, au recrutement et à l’encadrement de ces voyous?

Quand on sait comment la rumeur a durant plusieurs jours accusé un homme qui n’y était pas, le déclarant même mort avant que l’on apprenne qu’au même moment il participait aux jeux africains de Brazzaville, il convient de douter de l’exposé rendu par HRW sur base de ce(s) témoin(s).

Il n’est un secret pour personne que HRW et le gouvernement sont loin d’avoir des rapport « amicaux ». De là à publier des allégations aussi évasives et si peu détaillées relève plus des méthodes utilisées par la presse à sensation. Il y a vraisemblablement des points qui méritent d’être pris avec considération. Les rajouter à des suppositions qui vont in fine s’avérer invérifiables affaiblit par contre le reste de la publication.

Il ne fait aucun doute que le gouvernement va s’appuyer sur ces insuffisances pour décrédibiliser ce compte-rendu. Sans noms, lieux précis et avec autant de supposition, ce « rapport » est juste une porte ouverte à d’inévitables fantaisies politiques.

©WakatiYetu

 

 

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